Deux mille kilomètres à tout casser

3 janvier 2011 § Poster un commentaire

                                 à Dilaver Ademi

Kosovo, Kosovar
Il faut bien qu’on vienne au monde quelque part
Un pays pas trop passant, c’est pas si mal
Tu trouves la vie par ici plus normale ?

Kosovar, Kosovo
Ca relève du patchwork et de l’écheveau
Tant les langues, les origines, les religions
Sont un peu mélangées dans la région

L’exil, c’est un premier pas et un dernier regard
Une fois perdu le pays, on a gagné la France
Pour toutes ces choses à jamais restées en souffrance
Ami, prête-moi ta plume et ta guitare

Kosovo, Kosovar
Quand les voix ne chantent pas toutes la même histoire
Faut choisir entre la fugue et le canon
Mais c’est la mort partout qui crie son nom

Kosovar, Kosovo
La peur blanche et le sang noir des caniveaux
Les soldats, avec l’auto et tout dedans
Se doutaient-ils qu’ils me prenaient autant ?

L’exil, c’est un premier pas et un dernier regard
Une fois perdu le pays, on a gagné la France
Pour toutes ces choses à jamais restées en souffrance
Ami, prête-moi ta plume et ta guitare

Deux mille kilomètres à vol d’oiseau
Et mes gosses, à leur nouvelle école
Mine de rien, un coup de gomme, une goutte de colle
Doucement au fil des jours raccommodent les morceaux

Kosovar, Kosovo
À l’écran, c’est de bonne guerre, faut du nouveau
Le Rwanda, la Tchétchénie, l’Afghanistan
On n’écoute plus quand ça fait trop longtemps

Kosovo, Kosovar
J’ai du mal à pas les voir sur les trottoirs
Tous ces gens, sur leur carton, en chien de fusil
Le ventre creux, à trois pâtés d’ici !

L’exil, c’est un premier pas et un dernier regard
Une fois perdu le pays, on a gagné la France
Pour toutes ces choses à jamais restées en souffrance
Ami, prête-moi ta plume et ta guitare

Deux mille kilomètres à tout casser
J’ai sauvé quelques photographies
Je sais pas ce que demain sera ma vie
Mais c’est déjà rebâtir que de chanter en français
Là-bas, tu sais, j’avais du succès

et pour lire ces paroles comme à l’oral

Strapontin

19 décembre 2010 § Poster un commentaire

Amours enfantines
Tu veux ma tartine
Contre un gros bisou

Amours débutantes
Tu crois que ta tante
Nous a vus jeudi ?

Amours de vacances
Piètres manigances
Au bal du quinze août

Il faisait froid le soir où ton car est parti

Amours de passage
Un corps, un visage
T’as mon numéro ?

Le salon dans le noir et la tête au carreau
Ciné, zéro
Télé, j’éteins

Amours solitaires
Départ pour Cythère
Sur un strapontin

Amours un peu vaches
Lanières, cravache
Y’a qu’à demander !

Amours pas très nettes
T’as sur internet
Tout ce que tu veux !

Amours impossibles
Si haute est la cible
A quoi bon bander !

J’ai rêvé de ta main caressant mes cheveux…

Amours pas de chance
Écrire à l’agence
Remise au comptant

La photo d’Etretat, je l’ai gardée longtemps
Dix heures, j’attends
Deux heures, j’éteins

Amours solitaires
Départ pour Cythère
Sur un strapontin

Ne change pas demain

12 décembre 2010 § Poster un commentaire

 Chacun nos amours, leur lot de peines et de joies
Et leur durée de vie qui tient à si peu quelquefois
Voilà tant d’années, et ce me semble tout à l’heure
Que tu me combles et bouscules le cœur (bis)

Ne change pas demain, oh non, ne change pas demain
Le bonheur a plaisir à faire avec nous le chemin
Ne change pas demain, ne change rien

« C’est dans les vieux pots la meilleure soupe » à ce qu’on dit
Et si on a des jours un tantinet moins d’appétit
Savourons-en mieux le goûteux fondant de nos corps
À feu plus doux mais ça attache encore (bis)

Ne change pas demain, oh non, ne change pas demain
Le bonheur a plaisir à faire avec nous le chemin
Ne change pas demain, ne change rien

L’amour, direz-vous, se moque bien de nos chaussons
Fantasque, il vit au jour le jour, n’a que sa folie pour raison !
Mais comment expliquer, d’un regard à la dérobée
Ce trouble alors et ce souffle coupé ?

J’aurai beau toujours te prier de ne rien changer
Je sais qu’avec le temps tu ne pourras pas t’empêcher
Si par aventure on devait se rester fidèle
De peaufiner sous mes yeux le modèle (bis)

Ne change pas demain, oh non, ne change pas demain
Le bonheur a plaisir à faire avec nous le chemin
Ne change pas demain, ne change rien

Parcours fléché

10 décembre 2010 § Poster un commentaire

 Fol amour
Puis fil des jours
Puis tendre amour sans histoire

Aussi grand
Que soit l’élan
S’infléchit la trajectoire

Le voici
Tout adouci
Qui s’en devient à son tour

Tendre histoire mais sans amour

Wassingue

8 décembre 2010 § Poster un commentaire

Wassingue, éponge, torchon
Qu’on met à sécher
Jusqu’au jour où nous jugeons
Qu’il faut en changer

L’usage se fait usure
S’éliment au bout d’un moment
Nos chemises, nos chaussures
Et nos sentiments

Faut être bien amoureux pour croire autrement

 Tout s’efface ou se dissout
Ou s’enfuit je ne sais où
Quand on dit « C’est la mémoire qui nous joue des tours »

C’est qu’on aura oublié
De tourner le sablier
Autant de fois qu’il fallait… et c’est chaque jour

Les poèmes, les chansons
Qu’on a sus par cœur…
La seule défaite au fond
C’est sur la longueur

 Les échecs, c’est autre chose
Les chagrins qui marquent tant
Même le pire si j’ose
Ne dure qu’un temps

 De revivre un peu sa peine, on serait content

Talua

5 décembre 2010 § Poster un commentaire

 une tache verte
en plein horizon
la chemise ouverte
en toute saison

c’est Talua

barques en flottilles
poissons à plein bord
pagaies et godilles
rentrent à bon port

à Talua

blanche goélette
tout seul à l’avant
je n’ai dans la tête
que l’odeur du vent

de Talua

savant abordage
lancer les paquets
serrer les cordages
sauter sur le quai

de Talua

une tache verte
en plein horizon
la chemise ouverte
en toute saison

c’est Talua

jusqu’au bout de l’anse
courir à tomber
sous le grand silence
des oiseaux huppés

de Talua

au creux de la dune
je m’allonge enfin
je n’ai pour fortune
que le sable fin

de Talua

veillée sur la grève
lueur des flambeaux
comme dans un rêve
… trop beau

une tache verte
en plein horizon
la chemise ouverte
en toute saison

mais de ma fenêtre
que des cheminées
j’aurais voulu naître
loin d’où je suis né

à Talua

L’heure de rester

3 décembre 2010 § Poster un commentaire

 Lorsque je quittais l’autre soir
Par le rivage ta maison
Une lune du peu de son bougeoir
Éclairait l’horizon

J’étais perdu dans ma pensée
Comme on l’est parfois dans sa vie
Quand tout semble habillé de gris foncé
Que rien ne fait envie

Le temps a des choses à nous dire
On ferait bien de l’écouter
Tant c’est moins souvent l’heure de partir
Que celle de rester

Je devinais dans la pénombre
Un petit éclat de côté
Est-ce un de ces cailloux sortant du nombre
Qu’on aime un temps garder ?

Non, c’est un curieux coquillage
Tel un point d’interrogation
Qui l’aura posé là ? Et à quel âge ?
Et quelle est la question ?

Refrain

Je le portais à mon oreille
Je sais, ça paraît enfantin
C’était comme écouter mon coeur, pareil
Qui n’était plus lointain

C’était comme entendre une voix
Du fond du temps qui me disait
Qu’on ne fait jamais que suivre la voie
Que l’on a commencée

Refrain

Et dans ma songerie profonde
Je n’ai pas vu venir le jour
Tout m’apparaît si clair ! Que n’ai-je au fond de
Plus cher que ton amour ?

Et tenant là mon bout d’azur
Du coup je rebroussais chemin
Gagnant d’un pas léger notre masure
Un trésor dans ma main

Refrain

Rein et calcul

1 décembre 2010 § Poster un commentaire


Les patates, douze, les carottes sont que huit
Et nous deux, quoi de neuf ? Oui, nous deux, quoi de neuf ?
Les patates, douze, les carottes sont que huit
Et chou blanc pour qui hésite ou va trop vite

Elle : 
Si je te compte aujourd’hui
Au nombre de mes amis
Dommage qu’on se connaisse au fond qu’à demi
Plutôt que tout calculer
Si on se laissait aller

Lui :
T’as des bosses, je l’avoue
Que je mate comme un fou
J’ajoute jambes, cheveux et je retiens tout
Regard combien séduisant
J’ai le cœur à plus de cent

Les patates, douze, les carottes sont que huit
Et nous deux, quoi de neuf ? Oui, nous deux, quoi de neuf ?
Les patates, douze, les carottes sont que huit
Et chou blanc pour qui hésite ou va trop vite

Lui :
Opération commando
Quatre agrafes dans le dos
Surtout ne pas déchirer le papier cadeau
En deux temps, trois mouvements
Oh, bon dieu, tu fais comment !

Elle :
Sous peine de résultats
Tirant un peu vers le bas
De somme, il a grand besoin, le petit soldat
Je te laisse un numéro
Fais signe, hein ! N’attends pas trop

Les patates, douze, les carottes sont que huit
Et nous deux, quoi de neuf ? Oui, nous deux, quoi de neuf ?
Les patates, douze, les carottes sont que huit
Et chou blanc pour qui hésite ou va trop vite
Nos amours, poids et mesures
Le problème, rien n’est sûr
C’est pour ça, tu vois, qu’il faut qu’on en profite

Est-ce partir ?

28 novembre 2010 § Poster un commentaire

Quelques coups de pinceaux au hasard de la toile
Gouttes de lune au gré de l’eau
Un fanal tremblotant au fin fond du tableau
Le ciel éclaboussé d’étoiles

C’est heureux que la nuit ne soit pas plus avare
De sa lumière et de sa paix
Et le brouillard du port est plutôt moins épais
Que mon cafard

Nous avions tant de choses à ne savoir nous dire
Est-ce mauvais
Est-ce bon de partir ? Partir où je m’en vais
Est-ce partir ?

Peut-être es-tu restée sur le pas de ta porte
À interroger le chemin ?
Sans doute as-tu pleuré la tête entre les mains
À la nuit tombée, mais qu’importe

Dans l’ombre au bout du quai pendant qu’on appareille
Chante un ivrogne et sa chanson
Nous rappelle à quoi bon poursuivre un horizon
Partout pareil

Refrain

Pas de parfums subtils ni de chants de sirène
Flottant à l’entour du bateau
Un sanglot du moteur, trois coups de vent brutaux
Des lambeaux de chanvre qui traînent

Un instant le sillage à la lueur du phare
Semble un chemin fendant la baie
Et le brouillard du large est plutôt moins épais
Que mon cafard

Refrain

La patience

28 novembre 2010 § Poster un commentaire

Je veux bien croire qu’il est inutile
De toujours ressasser le passé
Mais y ‘a des histoires à la gomme, comment les effacer ?

Combien de nuits encore faudra-t-il
Avant que se disperse à la fin
Ce par trop entêtant parfum

Laisse le matin
Embaumer le jardin
De la peine à l’oubli, la patience

Il y a cette idée qu’à l’aventure
On devrait se lancer plus souvent
Moi, c’est perdu que je me retrouve, quand je vais de l’avant

Sûr que la route est déjà moins dure
Si je peux goûter le repos
D’un léger frisson sur ma peau

Laisse le chemin
Te montrer le demain
De la crainte à l’envie, la patience

Oh, sans doute, il n’est jamais trop tard
On peut toujours quand on veut vraiment
Mais, tu sais, la persévérance, ça va bien un moment

Tout ce temps qu’il faut sur la guitare
Pour juste un refrain, trois couplets
Reste à savoir si ça te plaît

Laisse les saisons
Caresser la moisson
De la graine à l’épi, la patience

Laisse les chansons
Déborder l’horizon
Du passant à l’ami, la patience

et pour lire ces paroles comme à l’oral

Où suis-je ?

Catégorie Morceaux choisis sur Pascal Aussi.