Vu des coulisses

20 janvier 2011 § Poster un commentaire

Que ce soit en littérature ou dans une chanson,
j’ai toujours aimé quand l’auteur se rappelle à nous,
tel un marionnettiste qui se laisserait apercevoir.

Alors assez inconsciemment, j’ai fait pareil : discrète
« envie d’une chanson » de la future maman dans Transat,
jeune papa avec « dans sa guitare » une chanson pour plus
tard
, ou oeil de la nuit devenant « le sujet d’une chanson ».

Autrement plus incarnés que ces courtes apparitions, l’enfant
au dernier vers de la Longue échappée, le personnage presque
invisible de Berceuse, peut-être, mais qui trouvera sa lumière,
le chagriné de J’ai peine perdue ressaisissant plume et guitare
ou l’homme en pleine conscience au final de Zone inondable.

Sinon stricto sensu un seul titre – La caisse et la postérité –
sur ce métier de rimailleur de refrain et tourneur de ritournelle,
auquel s’ajoute une strophe de La patience, où après un premier
couplet sur le tourment du passé et un second sur la peur du présent,
c’est une promesse d’à venir que pointe peut être le doigt du guitariste.

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La caisse et la postérité

20 janvier 2011 § Poster un commentaire

Van Gogh ne gagnait pas sa croûte
Rimbaud a vécu d’expédients
Molière a longtemps fait la route
Parker est mort comme un mendiant
Alors pour ce qui est du plan de carrière, si je pouvais décider
J’aimerais mieux passer à la caisse qu’à la postérité

Les chansons, déjà trois douzaines
Plus que de dates dans l’agenda
Le trac chaque fois que je rentre en scène
Et le compte-chèque en piteux état
Ma femme me prend pour une ganache, mon gosse pour un raté
J’aimerais mieux passer à la caisse qu’à la postérité

C’est pas que je sois envieux de nature
J’ai jamais guigné le gros coup
Mais la vache enragée qui dure
J’ai peur qu’à force ça gâche le goût
Aussi
Bien que je préfère à tous les palaces
Ma suite dans les idées
Je cracherais pas sur une petite place
Dans les meilleures ventes de l’été

Je fais ni la manche, ni les manchettes
Inutile d’appeler les agents
Je laisse mon empreinte sur des cassettes
Où j’enterre aussi mon argent
Les maisons de disques réfléchissent, à défaut de m’éditer
J’aimerais mieux passer à la caisse qu’à la postérité

Hé coco ! en chanson française
Tu cours dans quelle catégorie
Les Poètes-le-pied-sur-une-chaise
Ou les Musico-dernier-cri
Faci(le)
La mise en boîte, les étiquettes
Simili nouveauté !
Les petits Big Brothers qui nous guettent
Font même pas dans la variété

Chanteur français entre deux âges
Recherche public en sympathie
Qui soit pas trop branché message
Mais pas trop quand même abruti
Et qui fasse à ses chansonnettes un succès mérité
Je compte sur vous pour passer à la caisse, je m’occupe de la postérité (bis)

et pour lire ces paroles comme à l’oral

Zone inondable

8 janvier 2011 § Poster un commentaire

Je suis né comme un ruisseau
Qui sort on connaît l’endroit
Mouillage de mon berceau
Puis petit lit à l’étroit

Pas de pente à dévaler
De cascade ou de cabri
C’est déjà dans la vallée
Que moi le clapot me prit

Cachez-moi Sein, Ouessant, Molène
Coeur en zone inondable, attention!
Et quant à l’âge du capitaine
C’est trop d’émotion

Tout n’est pas dans le journal
Que papa lit le matin
Je franchis, c’est d’un banal
Un jour le mur du jardin

Pas de verger, de troupeau
Et pour les peines de coeur
Le sombre des entrepôts
Et le cri des remorqueurs

Cachez-moi Sein, Ouessant, Molène
Coeur en zone inondable, attention!
Et quant à l’âge du capitaine
C’est trop d’émotion

Les courants que j’ai suivis
Ne gagnaient pas l’horizon
Mais ce bassin me suffit
Si je chante mes chansons

Seul regret : en écrivant
C’est ma vie dont j’ai besoin
Si je l’avais su avant
J’y aurais mis plus de soin

Cachez-moi Sein , Ouessant, Molène
Coeur en zone inondable, attention!
Et quant à l’âge du capitaine

Longue échappée

4 janvier 2011 § Poster un commentaire

L’enfant est si petit au fond de son couffin
Que veut-il ? Que voit-il ? Qu’entend-il à tout ça ?
Silence quand il dort et cris quand il a faim
Sans doute se sent-il un peu perdu déjà

L’enfant est au jardin. Le monde est devant lui
Aventurier timide, il avance à pas lents
Tout étonné qu’il est par ce caillou qui luit
Ce nuage qui vole ou ce papillon blanc

L’enfant a entendu sa mère qui disait
Qu’elle aurait préféré une fille, à choisir
Est-ce à ça qu’il pensait quand il se déguisait :
Approcher un modèle, adoucir un désir ?

L’enfant sur le tapis joue aux petits coureurs
Pichenette incroyable ! Il part en échappée
Mais heurte dans sa course un vase spectateur
Et attend tout penaud de se faire attraper

L’enfant, cœur de travers et la mine ombragée !
Le soir quand il éteint – c’est de plus en plus tard –
Il écoute les mots dans la nuit s’approcher
Un jour, il a envie d’apprendre la guitare

Chanson pour plus tard

19 décembre 2010 § Poster un commentaire

 Six ans et demi, bientôt sept
Des grandes glissades en chaussettes
Éva, où t’as mis tes chaussons ?
Ppp ! Quelque part dans la maison

Des filles m’ont fait tourner la tête
Toi, c’est carrément le vertige
Bien sûr, je t’ai vu grandir, grande tige
Mais quand même, du 36 fillette !

Je vais dormir chez Loeiza
Tu ne vas pas sortir comme çà !
Papa, tu peux me déposer
Mmm ! Je te fais un petit baiser

Des filles m’ont fait tourner le cœur
Toi, c’est carrément la voltige
Bien sûr, je t’ai vu grandir, grande tige
Mais y’a un âge où ça fait peur

Six mois et demi, bientôt sept
Encore arraché ta chaussette
J’ai quelques années devant moi
Oh ! Qui passeront vite je crois

Fantasmagorie d’un moment
On ne dira rien à ta maman
Cette chanson dans ma guitare
Chut ! C’est un secret pour plus tard

et pour lire ces paroles comme à l’oral

La patience

28 novembre 2010 § Poster un commentaire

Je veux bien croire qu’il est inutile
De toujours ressasser le passé
Mais y ‘a des histoires à la gomme, comment les effacer ?

Combien de nuits encore faudra-t-il
Avant que se disperse à la fin
Ce par trop entêtant parfum

Laisse le matin
Embaumer le jardin
De la peine à l’oubli, la patience

Il y a cette idée qu’à l’aventure
On devrait se lancer plus souvent
Moi, c’est perdu que je me retrouve, quand je vais de l’avant

Sûr que la route est déjà moins dure
Si je peux goûter le repos
D’un léger frisson sur ma peau

Laisse le chemin
Te montrer le demain
De la crainte à l’envie, la patience

Oh, sans doute, il n’est jamais trop tard
On peut toujours quand on veut vraiment
Mais, tu sais, la persévérance, ça va bien un moment

Tout ce temps qu’il faut sur la guitare
Pour juste un refrain, trois couplets
Reste à savoir si ça te plaît

Laisse les saisons
Caresser la moisson
De la graine à l’épi, la patience

Laisse les chansons
Déborder l’horizon
Du passant à l’ami, la patience

et pour lire ces paroles comme à l’oral

J’ai peine perdue

27 novembre 2010 § Poster un commentaire

J’ai peine, peine, peine, peine… Où es-tu ?
J’ai peine, ma peine perdue

Je la nourrissais depuis des mois
La trimballais partout avec moi
On m’en aura vu souffrir encore ces jours-ci
C’est bien la peine, merci !

 Quelqu’un aura mis la main dessus
Sans que je m’en sois même aperçu
Je ne veux pas croire, oh non, qu’elle ait pu me lâcher
Nous étions si attachés

 Raison de pleurer qui tombe à l’eau
Plein soleil, plus une ombre au tableau
Comment vais-je à l’avenir pouvoir gâcher ma vie
Si je n’en ai plus envie ?

J’ai peine, peine, peine, peine… Où es-tu ?
J’ai peine, ma peine perdue

 Puisqu’il faut se faire une raison
Je m’en vais écrire une chanson
Que vous n’avez pas fini de mouiller vos mouchoirs
Amis du mélo, bonsoir !

 Mais la mélodie bien qu’en mineur
Ne peut longtemps cacher mon bonheur
Tous mes efforts de chagrin, mes séances de psy
Au final, c’est comme si

Je me soulageais dans ma guitare
La joie me reprend, tout est trop tard !
On se veut inconsolable mais turlututu !
Ce n’est que peine perdue

Où suis-je ?

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