Plus vieux mais sans précipitation

6 janvier 2011 § Poster un commentaire

Le temps s’en va, le temps s’en va, ma Dame
Las ! Le temps non, mais nous nous en allons
Et tôt serons étendus sous la lame

                                      Pierre de Ronsard

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L’effiloche

6 janvier 2011 § Poster un commentaire

Initiales gravées
Propriété privée
Tout n’est jamais écrit qu’à la craie
Il faut être un enfant
Pour pas le croire avant
Qu’autre chose va venir après

D’où vient qu’on a des fois ce sentiment
Que c’est à se taire qu’on ment ?
Pourquoi ce qui nous tient à cœur autant
S’effiloche au fil… s’effiloche au fil…
s’effiloche au fil du temps ?

C’est le lot de tout corps
Même attirant encore
Que son magnétisme diminue
L’élan le plus sincère
S’use si l’on s’en sert
Loi de physique hélas bien connue

Refrain

Ca tient à un cheveu
S’éteint à petit feu
A perdu beaucoup de son piquant
Un jour on s’aperçoit
Qu’on vit chacun pour soi
Sans que même on sache depuis quand

Refrain

J’aimais bien au début
Qu’on n’avait pas tout bu
Ce gai brin d’ivresse à tous les coups
Si grand soit le flacon
C’est d’une larme au fond
Qu’à la fin nous restera le goût

Refrain

À quoi bon se jeter
Nos quatre vérités
Quatre vérités, c’est trois de trop
Prenons à la légère
Tout ce qui nous fut cher
Tant on a déjà le cœur si gros

Refrain

Seconde mi-temps

29 décembre 2010 § Poster un commentaire

J’ai quitté mon short pour un pantalon
Ca fait déjà pas mal d’années
Métro, boulot, dodo, kiné
La partie, c’est selon
Y’a des jours, c’est trop long
J’ai plus grand espoir de gagner

Au plein cœur de l’action, on m’a pas vu souvent
Je chantonnais, le nez au vent
Sans souci du temps écoulé
Ballon envolé !
Dès que je me dis « Faudrait se mettre à jouer pour de bon »
Y’a cette petite voix qui répond
« Un jour ou l’autre, ça va siffler »

Foutues règles du jeu arrangées par chacun
Rêves de gloire, appât du gain
Si au moins les coups étaient francs
Mais serrons les rangs !
On est combien, à trottiner comme ça sans but
Pas plus avancé qu’au début
La vie d’un homme, modèle courant

Avec tous ces coups de pied qui se perdent, comment veux-tu ?
J’aurais pourtant bien aimé
Vous faire regagner du terrain, causes perdues
Mais…

J’ai quitté mon short pour un pantalon
Ca fait déjà pas mal d’années
Métro, boulot, dodo, kiné
La partie, c’est selon
Y’a des jours, c’est trop long
Rappelez-moi ce qu’y a à gagner
Cinquante balais et des poussières
C’est à peine si des fois je touche encore le ballon
C’est souvent que je pense au vestiaire

et pour lire ces paroles comme à l’oral

Wassingue

8 décembre 2010 § Poster un commentaire

Wassingue, éponge, torchon
Qu’on met à sécher
Jusqu’au jour où nous jugeons
Qu’il faut en changer

L’usage se fait usure
S’éliment au bout d’un moment
Nos chemises, nos chaussures
Et nos sentiments

Faut être bien amoureux pour croire autrement

 Tout s’efface ou se dissout
Ou s’enfuit je ne sais où
Quand on dit « C’est la mémoire qui nous joue des tours »

C’est qu’on aura oublié
De tourner le sablier
Autant de fois qu’il fallait… et c’est chaque jour

Les poèmes, les chansons
Qu’on a sus par cœur…
La seule défaite au fond
C’est sur la longueur

 Les échecs, c’est autre chose
Les chagrins qui marquent tant
Même le pire si j’ose
Ne dure qu’un temps

 De revivre un peu sa peine, on serait content

La patience

28 novembre 2010 § Poster un commentaire

Je veux bien croire qu’il est inutile
De toujours ressasser le passé
Mais y ‘a des histoires à la gomme, comment les effacer ?

Combien de nuits encore faudra-t-il
Avant que se disperse à la fin
Ce par trop entêtant parfum

Laisse le matin
Embaumer le jardin
De la peine à l’oubli, la patience

Il y a cette idée qu’à l’aventure
On devrait se lancer plus souvent
Moi, c’est perdu que je me retrouve, quand je vais de l’avant

Sûr que la route est déjà moins dure
Si je peux goûter le repos
D’un léger frisson sur ma peau

Laisse le chemin
Te montrer le demain
De la crainte à l’envie, la patience

Oh, sans doute, il n’est jamais trop tard
On peut toujours quand on veut vraiment
Mais, tu sais, la persévérance, ça va bien un moment

Tout ce temps qu’il faut sur la guitare
Pour juste un refrain, trois couplets
Reste à savoir si ça te plaît

Laisse les saisons
Caresser la moisson
De la graine à l’épi, la patience

Laisse les chansons
Déborder l’horizon
Du passant à l’ami, la patience

et pour lire ces paroles comme à l’oral

Son cours

2 novembre 2010 § Poster un commentaire

Du plus simple ruisseau
Ou modeste rivière
Au roulement des eaux
Du fleuve le plus fier

Quel que soit le trajet
La pente ou le danger
Chacun sait que son cours
Est sans retour

Qu’on descende en eau sage
Ou rafting imprudent
Au bout du paysage
La mer nous attend

Souhaitons-nous, toboggan
Un parcours élégant
On n’a droit qu’à un tour
Plus ou moins court

*

La source et ses éclats
L’eau vive du début
Quelques plongeons à plat
Et quelques tasses bues

L’envie d’ouvrir son lit
À l’affluent joli
Et partager son cours
Au fil des jours

Turbulences, siphons
Ou méandres assoupis
On peut toucher le fond
Se noyer, tant pis !

Ou longer les saisons
Aux rives une chanson
Qui parlerait d’amour
Et de long cours

*

Du plus simple ruisseau
Ou modeste rivière
Au roulement des eaux
Du fleuve le plus fier

Quel que soit le trajet
La pente ou le danger
Chacun sait que son cours
Est sans retour

Qu’on descende en eau sage
Ou rafting imprudent
Au bout du paysage
La mer nous attend

J’eusse aimé, toboggan
Qu’on soit plus élégant !
On n’a droit qu’à un tour
Et c’est si court

Anton Dvorak (Danse slave opus 72 n°2)

Éphémérides

8 octobre 2010 § Poster un commentaire

                         à Mayès

Des histoires de temps qui passe
De chrono qui file entre les doigts
J’en connais, tu sais, autant que toi

La gamine que tu embrasses
Quand tu n’as toi-même que seize ans
Lui plairais-tu encore à présent ?

Des histoires d’enfants qui poussent
Des années sans les quitter des yeux
Aujourd’hui : autres coeurs, autres cieux

Le temps coule et nous éclabousse
C’est pour ça des fois qu’on peut nous voir
Nous essuyant d’un coin de mouchoir

Et tous les jours, un feuillet s’envole
Qu’y avait-il de noté?
Ce court instant, cette élancée folle
C’est tout ce qu’on sait de l’éternité

Mais du sable de la jeunesse
Si les grains ne font que s’échapper
Il en est qui ne sont pas tombés

Dans la course du temps qui reste
Je suis sûr qu’à des moments donnés
On sera bien content d’être né

Où suis-je ?

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