livre disque

Barzh ar mor, barzh hon daoulagad, memes dour sall, ar memes dour sall
Dans la mer et dans nos yeux, même eau salée, la même eau salée

Croissant Bouillet, 2014

J’habite depuis peu en Bretagne quand en 2014, sous l’amicale pression de l’éditeur Christophe Chomant, je concocte un nouveau recueil, et il nous apparait vite que puisque les textes sont en fait des paroles de chansons, il serait bon que ça s’entende. Ce sera donc un livre-disque.

bernard-meulien

Bernard Meulien

Au commencement était le verbe… le comédien Bernard Meulien enregistre au printemps 2015 le poème « Le temps est un oiseau » qui sera comme un fil conducteur qu’on croise quatre fois – quatre âge, quatre saisons, quatre moments du jour – Quatorze autres morceaux sur le thème du Temps sont au sommaire, la plupart mis au point avec un musicien récemment rencontré, le pianiste Tony Baker. Des circonstances – comme on dit – indépendantes de notre volonté vont retarder le projet d’un an mais autour de l’été 2016, les choses enfin se font, avec la participation amicale – comme on dit aussi – de quelques complices de longue date et quelques nouveaux venus. Je chante neuf chansons et cinq sont confiées à d’autres interprètes, le pari étant que cette ouverture – que l’on trouve aussi dans le traitement musical – ne nuise pas à la cohérence.

sextant

Revue des chansons de l’album Une heure où plus rien ne ment.

 vincent La danse de fin d’année racontée sur fond de cordes par Vincent Loiseau – que les plus jeunes connaissent davantage sous le nom de Kwal

L’oeil de la nuit par Stéphane Dambry qui en signe la musique et y met, avec une instrumentation ad hoc, le phrasé folk-rock qu’on lui connait.

Pour un soirSusy Firth nous fait la surprise de ne pas être tout à fait dans son timbre habituel afin de respecter la tonalité choisie par Beethoven.

Parcours fléché par une autre chanteuse britannique, Liz Hanaway, dans ce qui liz-hanawaypourrait être un standard – thème et format court – musique de Tony Baker.

Éphémérides par Bastien Moh qui avec son complice Quentin Chevrier donne plus qu’une interprétation, fait une création vraiment originale de cette chanson que Pascal, bien qu’en signant paroles et musique, ne savait de son propre aveu comment traiter.

Restent donc neuf titres par Pascal Aussi, dont deux – Longue échappée en intro et en extro – de toute évidence parmi les plus intimes, sont dans la nudité du piano/voix. Dans Oë, la voix qu’on entend en réponse est celle d’Annick Mestre, chef de choeur des Kam’s de Concarneau. Et dans Longue échappée, c’est Rémo Gary qui se pose en guetteur surplombant la chanson.remo-gary

Même parti pris de clarté avec Un secret de Polichinelle, familial aussi et accompagné d’une seule contrebasse.

Pas grande instrumentation non plus sur les deux titres que Pascal fait à la guitare : carillon, flûtes douces (et voix d’enfant, malicieuse Bluette) pour Pomme douce, accordina et bandonéon pour Ne change pas demain.

L’heure de rester et Wassingue ont, elles, l’une en quatuor,l’autre en trio, le tempo et la couleur du jazz. À noter que Wassingue devait s’arrêter peu après la fin du chant, mais les musiciens lors de l’enregistrement – bonheur du « live » – en ont spontanément décidé autrement.

melaine-favennecZone inondable enfin nous fait penser que la Bretagne habite Pascal Aussi depuis plus longtemps qu’il n’y demeure. Et quelle bonne idée d’avoir confié à Melaine Favennec le soin de faire écho, face au large, à l’âme déboussolée… dois-je écrire du capitaine ou du chanteur!

pascal« Pascal Aussi nous offre un album plein de sobriété, presque d’épure, mais qui ne manque ni de richesse ni de diversité. Il nous confie des choses on se doute très personnelles mais sans jamais rien dévoiler de privé. Et la présence des autres interprètes ne nous empêche pas de sentir ce que le propos a de singulier. Il s’agit au fond d’une réflexion sur le temps, le baluchon du souvenir, l’éclair du présent, et – tant pis si la formule parait paradoxale – la nostalgie de l’avenir.
La durée totale de ce CD (une cinquantaine de minutes) et surtout l’indéniable sincérité qui en émane justifient pleinement son titre : c’est une heure où plus rien ne ment »

cadran solaire

TEMPUS AVIS EST, IN CAVEA NON TENETUR
EVOLANS NUSQUAM VIDETUR
SEMPER PEREGRINANS TAMEN VITAM AGIT
NOBISQUE RURSUM MEMORIAS FERT

Gaëlle Bollet est professeur de Lettres au Collège public Penanroz à Pont-Aven. C’est elle qui a réussi cette traduction latine particulièrement musicale du texte « Le temps est un oiseau » paru chez Christophe Chomant Éditeur, pour « faire bouger les lèvres d’une langue qu’on dit morte » et rendre plus universelle cette histoire de Temps non pas qu’il fait mais qui nous fait. Idem avec la traduction de ce même poème par Tony Baker dans la langue de Shakespeare, ce qui est bien autre chose que cet anglais de commerce et variétés qui s’est aujourd’hui répandu dans le monde. Nous apprenons ainsi que Tony n’est pas seulement musicien mais également un poète, auteur dans son pays de livres et recueils qui comptent. « Je trouve que latin et anglais sont deux langues assez concises, qui sous-entendent davantage que le français » nous dit encore Gaëlle Bollet, qu’on écouterait longtemps parler de la forme passive ou comment un mot suffit à passer du concret au philosophique

Time is a bird that no cage will hold
There’s none that ever sees it fly and yet
It’s in crossing the world that it spends its time
Bringing us memories within its hold

tony-aux-40-amis
Tony Baker

Transcription d’extraits de l’émission de radio « À vol d’oiseau » sur 101,5 fm Val d’Anjou

… arriver à vous connaître assez, vous et votre album, comme à vol d’oiseau, c’est à dire avec tous les détours nécessaires et une certaine hauteur de vue. Et d’abord pourquoi ce titre « Une heure où plus rien ne ment »? Sauf erreur d’inattention, il n’apparaît nulle part dans l’ouvrage.

Il vient d’un couplet de Parcours fléché, mais comme il nous entrainait vers une histoire de couple qu’on a déjà dans cette Saison 3, je n’ai gardé que le refrain sur le temps qui passe, et chaque fois qu’on a tenté de changer ce titre, il y avait quelqu’un – le dernier c’est Benoit Furet en travaillant sur le visuel du CD – pour dire que c’était un bon titre. Rien ne ment, c’est l’envie à mon âge d’un bilan sans faux semblants, et puis c’est la première fois que je fais les choses en vrai, pour de vrai, après pas mal d’années et d’expériences de chanson, mais dans l’écriture et la diffusion, pas … en tête d’affiche.

Vous parlez de Saison 3, c’est que le livre est en quatre saisons…  Sablier

Oui, l’enfance, la jeunesse, l’âge mûr et … après, comme ça m’est inconnu, j’ai bouclé avec la naissance d’une nouvelle génération.

Les dédicaces à Félix… à Siloë…

Ce sont des enfants que j’ai la chance de connaître. Dire vrai est le seul intérêt de l’écriture, pour autant il n’est pas question de s’exposer, manquer de pudeur. S’exprimer, c’est à la fois un plaisir solitaire et le moyen de rejoindre les autres, parce que nos vies sont communes, ni extraordinaires ni différentes dans le fond. Écrire me fait croire être unique mais je n’ai d’autre envie que de dire ma ressemblance. C’est le discours de Camus à la cérémonie du Nobel…

tony-a-trevignon

Parlez-nous de votre style musical,  il y a une façon, une exigence, même si c’est très varié…

J’aime l’idée qu’on peut offrir à chaque chanson la forme qui lui va le mieux, même si je fais avec mon adn musical. L’album doit aussi beaucoup à Tony Baker… J’ai pu poser la guitare et du coup chanter plus librement… Dès la composition, ne pas me restreindre à l’instrument, envisager plus large… Je comprends enfin ce que les copains disaient quant à la complicité avec un musicien, compréhension instantanée, l’intention qu’on n’a pas travaillée mais que l’autre immédiatement prend en compte, laissant la place qu’il faut, ou remplissant quand il faut… ce plaisir qu’on en tire, c’est nouveau pour moi, merci Tony !

Ce livre disque fait suite à un premier ouvrage, lui sans cd, paru il y a neuf ans. Si les deux recueils peuvent se goûter séparément, plusieurs signes indiquent leur parenté. On peut ainsi remarquer que Pour un soir qui clôt (presque) le second – « Pour un soir / S’arrêter et s’asseoir… » – fait écho à La chanson du bonheur … » qui ouvrait (presque) le premier – Au creux du vallon quand descend le soir / Me vient cette envie de m’asseoir… » – les deux sur une musique empruntée à des compositeurs depuis longtemps disparus, Turlough O’Carolan est mort en 1738, Ludwig van Beethoven en 1827…
Édition Nouvelle
Vous avez sacrément travaillé votre dossier !

Autre lien indéniable, l’un des textes du premier – ? , titre peu radiophonique – trouve sa réponse dans le second – L’heure de rester – De toute façon vos deux recueils ont une même construction en chapitres clairement identifiés, avec prologue et épilogue, on ne peut croire ni au hasard ni au manque d’imagination… et une dédicace à la même personne !

C’est agréable de converser avec quelqu’un d’attentif… c’est vrai que j’ai eu plaisir à travailler le second – comment dire…- comme en miroir du premier, il s’agit du temps qui passe et justement, se souvenir des sujets et sentiments de quand on était plus jeune permet de mieux tirer leçon du temps passé. Mais ce ne sont que des petites chansons, les gens vont penser qu’on parle d’une somme philosophique…

Les chansons n’expriment que des choses superficielles ?

Non… non, mais elles se doivent d’être légères, elles ont à voyager.

La question que je voulais poser, c’est : quand ressortez-vous le premier recueil avec son cd ?

Vous savez, on venait de finir la dernière prise de voix, Tony m’a dit « Bon maintenant, qu’est-ce qu’on fait ? » Oui, on pourrait faire ça, mais en même temps, après un travail auquel on a dû se tenir, il y a l’envie de reprendre ce qu’on a un temps laissé de côté, j’ai quelques nouvelles chansons qui m’attendent, mais juste après, oui, on devrait faire ça.

liz-tony-steph-et-moi

Liz Hanaway, Tony Baker, Pascal Aussi et Stéphane Dambry

Cailloux

En vrai, tout le monde est content.
L’Éditeur se complimente d’avoir décidé l’Auteur a se faire interprète.
Et l’Auteur a plaisir à se découvrir entier, paroles et musique.
Le Livre, au départ un peu réticent, est au final ravi de sortir davantage, accompagnant l’écoute de ce qu’il appelle sa « B.O. ».
Et le Disque est très fier, quand les autres n’ont qu’un livret,
d’avoir pour lui tout un livre.

visuel-cd

Calligraphie de Benoit Furet

Achevé d’imprimer le 30 novembre 2016
Dépôt légal décembre 2016
ISBN n° 978-2-84962-369-5
© Copyright Christophe Chomant Éditeur
Tous droits réservés

Une heure où plus rien ne ment

  1. Longue échappée (Pascal Aussi) 2’32
    Pascal Aussi : chant
    Rémo Gary : voix
    Tony Baker : piano
  1. Saison 1 – Le temps est un oiseau (Pascal Aussi) 0’33
    Bernard Meulien : voix
  1. Pomme douce (Pascal Aussi) 3’06
    Pascal Aussi : chant et guitare
    Bluette : commentaire et chant
    Augusto de Alencar : carillon, flûtes à bec soprano et ténor
  1. Un secret de polichinelle (Pascal Aussi) 2’48
    Pascal Aussi : chant
    Michel Saulnier : contrebasse
  1. La danse de fin d’année (Pascal Aussi/Guillaume Chosson) 2’33
    Vincent Loiseau : voix
    Guillaume Chosson : violoncelle
    Héloïse Lefebvre : violon
  1. Éphémérides (Pascal Aussi) 3’08
    Bastien Moh : chant, balalaïkas prima, alto et minibasse
    Quentin Chevrier : violoncelle et contrebalalaïka
  1. Saison 2 – Le temps est un oiseau (Pascal Aussi) 0’42
    Bernard Meulien puis Kirsty Baker : voix
    (Traduction latine de Gaëlle Bollet)
  1. Parcours fléché (Pascal Aussi/Tony Baker) 2’32
    Liz Hanaway : chant
    Tony Baker : piano
  1. L’œil de la nuit (Pascal Aussi/Stéphane Dambry) 3’54
    Stéphane Dambry : chant et guitare
    Stef Bonnet : guitare électrique
    Denis Tarsiguel : basse électrique et batterie
    Tony Baker : orgue
  1. L’heure de rester (Pascal Aussi) 3’26
    Pascal Aussi : chant
    Tony Baker : piano
    Michel Saulnier : contrebasse
    Denis Tarsiguel : guitare et batterie
  1. Ne change pas demain (Pascal Aussi) 3’15
    Pascal Aussi : chant et guitare
    Patrick Reboud : accordina et bandonéon
  1. Saison 3 – Le temps est un oiseau (Pascal Aussi) 0’34
    Bernard Meulien puis Tony Baker : voix
    (Traduction anglaise de Tony Baker)
  1. Wassingue (Pascal Aussi) 4’05
    Pascal Aussi : chant
    Tony Baker : piano
    Michel Saulnier : contrebasse
    Denis Tarsiguel : batterie
  1. On connaît la suite (Pascal Aussi) 3’23
    Pascal Aussi : chant
    Tony Baker : piano
  1. Zone inondable (Pascal Aussi) 3’49
    Pascal Aussi : chant
    Melaine Favennec : chant breton
    Tony Baker : piano
    Michel Saulnier : contrebasse
  1. Pour un soir (Pascal Aussi/Ludwig van Beethoven) 4’21
    Susy Firth : chant
    Tony Baker : piano
  1. Saison 4 – Le temps est un oiseau (Pascal Aussi) 0’52
    Bernard Meulien : voix
  1. (Pascal Aussi) 2’51
    Pascal Aussi : chant
    Annick Mestre : chant breton
    Tony Baker : piano

tony-baker

Merci aux musiciens, tous à la fois stylistes et petites mains, qu’ils aient, comme Guillaume-Héloïse-Vincent ou le tandem Bastien-Quentin – propres patrons – déjà bâti le modèle avant l’essayage en studio, ou comme Tony-Michel-Denis taillé les morceaux en direct, ou comme nos complices Steph et Stef du gang des rouennais gouté à la délocalisation, ou comme les solitaires Patrick et Augusto, confectionné du sur mesure et livré l’ouvrage sans même besoin d’une retouche.
Merci à Tony pour son attentif cousu-main qui apporte tant aux chansons sans jamais effacer l’esquisse du début.
Merci aux interprètes, Bastien, Vincent, Liz et Susy, d’avoir endossé l’habit sans chercher l’effet. Merci à Melaine et Rémo, vieux routiers, Annick et Bluette, jeunes premières, d’avoir amicalement donné de leur voix. Et à Bernard dont au commencement était le verbe…
Merci à Hélène Jacquelot pour son idée de contrebasse. À Gwenola Coïc pour son b.a.-ba du breton. À Florent pour son camp de base.
Merci à Gaëlle Bollet pour sa « copie » nec plus ultra. À Kirsty pour sa voix romaine (et son alcool roumain)
Merci à Benoit Furet pour… le coup de main. À Christophe Chomant pour le coup de pied au c… Michel Boutet, toujours prêt, Gérard Pierron, jamais loin. Merci à tous les souscripteurs pour leur confiance aveugle. À Agnès pour sa part du secret (et du secrétariat) Touche finale, invité surprise : Jean-Michel Rabineau.
Merci à Tony sans qui rien n’aurait été possible et, plus grave, tellement moins agréable. Merci à Nicoh (je résume) pour le cœur et les oreilles. Bises à Mel, Anna, Camille. Ewan, ton sax, sur le prochain…

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Instruments utilisés

accordina
bandonéon
balalaïka prima
balalaïka alto
balalaïka minibasse
contrebalalaïka
basse électrique
batterie
carillon
contrebasse
flûte à bec soprano
flûte à bec ténor
guitare classique
guitare électrique
guitare folk
guitare jazz
orgue
piano(s)
violon
violoncelles

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Héloïse Lefebvre

… dans L’œil de la nuit, le personnage se traine une chanson, dans Zone inondable, le sujet trouve son sort acceptable s’il peut chanter, dans Longue échappée, l’enfant apprendra la guitare, et dans Pour un soir, le chant est un oiseau quittant sa cage ?

C’est Radioscopie qu’il fallait appeler votre émission !

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AUTRES LIVRES EN COURS

Dans le journal

Frantz Roger : peintures
Thierry Maingé : écriture

couverture

Près de Gudicanal hier deux gamines qui jouaient à la marelle
ont gagné le ciel d’un seul coup sur une mine


Je l’ai lu dans le journal que je me suis glissé sous la chemise
à même la peau, sûr que ça tient plus chaud que leur papier glacé


Si le temps lui est bien couvert, moi je connais un pull-over
qui file un mauvais coton. Plus personne n’écoute mon histoire
et je traîne sur les trottoirs et je dors dans des cartons


Ca fait un sacré bail que j’ai plus d’adresse, que je porte au long
des rues comme un disparu ma valise de détresse


T’en qu’à être sur la paille, je rêve de nature. Y’a bien pour
me mettre au vert un coin d’hémisphère où la vie serait moins dure

Suffirait d’un billet en poche, cap sur la rade… le plus proche,
vent dans les voiles et partons ! J’ai le couteau et les allumettes mais
des plans sur la comète, j’ai pas ça dans mes cartons

Les trésors que la vie nous offre, y’en a si peu
dans son coffre qu’elle les reprend au final ?

Pas la presse mais je sais très bien qu’au matin d’une
nuit de chien on me trouvera dans le journal



Un secret de Polichinelle
Livre pour enfant 22×22 couverture cartonnée 30 pages
Pierre-Luc Granjon

Après des études à l’école d’art appliqué de la ville de Lyon, Pierre-Luc Granjon intègre en 1998 le studio Folimage. En parallèle à son travail en tant que modeleur et animateur sur diverses séries et courts-métrages, il réalise en 2001 son 1er film Petite Escapade, en marionnettes et dessin animé, qui sera suivi en 2003 par Le Château des autres. Il se lance ensuite dans le papier découpé avec L’Enfant sans bouche (2004, studio Corridor), à la fois film et livre illustré. Les années suivantes seront consacrées à la réalisation du Loup Blanc (2006, Sacrebleu Productions), ainsi que de  L’hiver de Léon (coréalisé avec Pascal Le Nôtre) et du Printemps de Mélie, deux contes médiévaux de 26 minutes écrits par Antoine Lanciaux. Il travaille actuellement au développement des épisodes suivants, L’été de Boniface et L’automne de Pougne, en parallèle à un projet de long-métrage : L’armée des lapins.

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Petite souris

Valérie Guilbert : peinture/collage
Edwige Timmerman
: calligraphie

couverture

Deux gouttes de sang sur ton nez pointu
Tu étais si drôle au bord de l’allée
Petite souris, me pardonnes-tu
D’avoir appelé ?

Les fraises des bois qu’on cueillait d’avance
Les guirlandes d’échalote au fond du grenier
Tout ce qu’il me reste aujourd’hui de mon enfance
Tient dans un panier

D’où viennent ces pleurs qu’on entend couler ?
Comment un aussi grand froid d’un coup me pénètre ?
Une tourterelle un matin s’est envolé
De par la fenêtre

À force de croire atteindre les cieux
Une ombre est tombée de la balançoire
Ne regarde pas le fond de mes yeux
J’y boite le soir

Tu ne sauras donc jamais te coiffer
Y’a tous ces dessins dans ton cahier
Que je t’y retrouve encore à rêver
Dans le poulailler

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