Au sujet de Caillou

17 janvier 2011 § Poster un commentaire


Écrit exprès et en express pour justifier le titre d’un recueil à paraître, où il prit la forme d’un poème de réflexion générale placé en fin d’ouvrage. Trois ans plus tard  je récidive pour son édition nouvelle mais avec cette fois le contre-pied complet, à savoir un récit autour d’un caillou particulier en introduction et
sous un titre qui n’en est pas vraiment un : ?

Avec les yeux d’aujourd’hui

16 janvier 2011 § Poster un commentaire

Pourquoi dit-on « le passé »
Alors qu’il ne passe pas
Qu’on continue d’avancer
Avec les mêmes faux-pas

Faut pas croire qu’on apprend
Et qu’on retient la leçon
En quoi étais-je moins grand
Quand j’étais petit garçon

Un secret de Polichinelle

16 janvier 2011 § Poster un commentaire

                     
à Félix

C’est un secret de Polichinelle
Que maman voudrait garder pour elle
Mais qu’on voit sous son Tshirt
Et faudra bien qu’il sorte

C’est une drôle de maman que j’ai là
On dirait qu’elle se parle tout bas
Elle arrête ses yeux souvent
Les deux mains devant

Avec papa, ils ont souligné
Des jours loin sur le calendrier
J’aurai après les travaux
Un grand lit nouveau (bis)

Refrain

Rien que papa et moi, les garçons
On est déjà deux à la maison
Sûr qu’à trois, c’est encore mieux
Les rires et les jeux

Mais on va laisser maman choisir
Car peut-être ça lui ferait plaisir
D’avoir pareil dans l’équipe
Une grande, une petite (bis)

Refrain

Qu’il est long, ce ballon, à gonfler
Comment le faire bondir et rouler
Qu’il tienne enfin dans nos bras
Se mette dans de beaux draps (bis)

Refrain

Alors, quelqu’une ou quelqu’un
Sacrée chipie ou fichu coquin
Colombine ou Arlequin

et pour lire ces paroles comme à l’oral

Douleur pastel

15 janvier 2011 § Poster un commentaire

De quel haut lignage d’Asie
Pour avoir le visage ainsi
Es-tu le dernier descendant ?

Est-ce Attila de son cheval
Qui t’a piétiné l’encéphale
Que rien ne veut pousser dedans ?

À te regarder qui dessine
Sur la table de la cuisine
Je me dis : « Au fond, pas si mal

Ton bonhomme : le nez, la bouche
Les yeux, les mains, les oreilles
Tout le monde et personne pareil…
Chacun sa touche »

Période bleu, façon pastel
Ogino qui tient la chandelle
Un enfant nous est annoncé

Et c’est tout un nouvel émoi
Que d’admirer de mois en mois
Ton ébauche un peu plus poussée

Dans le ventre de ta maman
Dame Nature a méchamment
Dû se mélanger les pinceaux

Pour qu’un aussi beau ciel d’azur
Se prenne autant d’éclaboussures
Au jour de la perte des eaux

Pourquoi faut-il qu’un simple gène
Devienne une aussi lourde chaîne
Entravant le moindre des pas ?

À quel nombre de chromosomes
Véritablement je suis homme ?
À quel nombre tu ne l’es pas ?

Je te regarde qui dessine
Sur la table de la cuisine
Ca ne fait au fond pas si mal

Au grand tableau qui grouille et bouge
Milliards d’yeux de tous pays
Ton regard de Bouddha ébahi…
Chacun sa touche

M. Pascal Aussi est habillé par ses soins … et ça se voit *

14 janvier 2011 § Poster un commentaire

 
* Si Jean Mouchès m’autorise à reprendre à mon compte le savoureux
exercice d’auto-dérision qu’il a des fois plaçé au générique de ses albums.

C’est vrai que certains jours j’ai un sens de l’esthétique vestimentaire
qui n’est pas sans rappeler celui de Céline ou de Léautaud.
Jugeons la plume et pas où d’aucuns se la mettent.

La brume et la poussière

13 janvier 2011 § Poster un commentaire

Ainsi, c’est là le coin que l’on a tant cherché
Ce trou, soit dit, n’a rien de la terre promise
Les ronces du chemin, le trou de ma chemise
On n’a pas tous les jours envie de voyager

Il nous reste un bon bout à battre de campagne
Et tu veux renoncer à notre mine d’or !
Pour la mine de celle auprès de qui l’on dort
Sans avoir plus le cœur à changer de compagne

Tout ce plaisir à se bouger ?
Toujours marcher, toujours marcher
Et les sentiers courus hier ?
La brume et la poussière
Quoi de plus beau que l’horizon ?
Depuis le pas de sa maison
Lever le pied, passer la main
Reprendre le chemin

N’avions-nous pas parlé d’un pays de cocagne
D’une porte un midi franchie comme un seul homme ?
Une porte et puis l’autre, et c’est tout un slalom
Où en est l’arrivée et qui sait ce qu’on gagne ?

Tu salueras pour moi les champs, les monts, les plages
J’aurais aimé, c’est vrai, connaître d’autres cieux
Les filles par ici ont de bien jolis yeux
J’aurais aimé, tu sais, rencontrer mon village

Tout ce plaisir à se bouger ?
Toujours marcher, toujours marcher
Et les sentiers courus hier ?
La brume et la poussière
Quoi de plus beau que l’horizon ?
Depuis le pas de sa maison
Lever le pied, passer la main
Reprendre le chemin

On n’a pas tous les jours envie de voyager
On s’essouffle bien vite à toujours changer d’air
On se gèle le cœur auprès d’un « frigidaire »
Si tu es par trop seul un jour, viens me chercher

Troublant express

12 janvier 2011 § Poster un commentaire

On roulait, ça faisait un moment
Mon voisin ronflottait en dormant
Par la vitre, on voyait des maisons
Genre « Abricotier » « Sam Suffy »
C’était la fin de la saison
Elle a ouvert la porte du compartiment
Et est entrée dans ma vie…

Elle avait un grand sac à la main
Un habit rose et blanc peu commun
Et cet air de croiser loin de tout
Que j’avais rencontré déjà
Chez des marins de n’importe où
Elle a posé sur moi son parfum de jasmin
Et deux grands yeux verts de chat…

Un regard : c’est le monde à l’envers
On croit la voie toute tracée
Un coup d’aiguille : on est bien avancé
C’est sa vie qui serait à refaire
Tu bats… tu bats… en retraite, animal
Couloir… couloir… le verrou fermait mal
J’ai passé de l’eau sur mon cou
Respiré un grand coup

Elle brosse avec soin ses cheveux
Puis me tend son journal, si je veux
Un grand type au buffet l’attendra
Elle marchera droit vers lui
Et se jettera dans ses bras
J’ai regardé si leur taxi tournait au feu
Et m’en suis allé sous la pluie

Montée des eaux

10 janvier 2011 § Poster un commentaire

Le regard un peu brouillé
Le bord des paupières mouillé
Discrète montée des eaux
Mais d’où sort ce petit ruisseau ?

D’un trop plein comme on a tous
Par où vient s’écouler en douce
Le jus des sombres pensées
L’eau-forte des amours blessées

Résurgence, crue soudaine
Ô si bienfaisante fontaine
Mouillant mes joues à plein seau
Revoilà ce bouillant ruisseau (bis)

Qu’est-ce qu’on arrose ce soir
Mis à part ce nouveau mouchoir ?
Un secret lourd à garder
Un bateau qu’on s’était monté

Un bonheur qu’on n’a pas eu
Un fol espoir déjà déçu
Que les pleurs et les sanglots
Tentent d’embarquer à vau l’eau

Tel un bon coup de Kärcher
Le cœur net sur qui nous est cher
L’averse avant l’éclaircie
C’est bon, ça va passer, merci ! (bis)

Le regard un peu brouillé
Le bord des paupières mouillé
Légère décrue des eaux
Les cils qu’on dirait des roseaux

Deux fois rien mais c’était trop
La nuit tous les chagrins sont gros
Comme s’il fallait que
Quelque chose en nous se fêle
Pour qu’éclose une vie nouvelle

et pour lire ces paroles comme à l’oral

Ar mor divent, the water is wide, la mer est immense

8 janvier 2011 § Poster un commentaire

Souchon a raison : la vie intime est maritime. On vit comme au versant
d’une Zone inondable. Constat d’ici, rêve d’ailleurs, le rivage est la frontière naturelle, la ligne de démarcation, entre le je suppose trop sec de nos vies et
un « mouillé » plus prometteur. Envie d’île -Talua – chagrin d’elle – Robinson – combien de fois la mer, décor immédiatement identifiable pour se jouer le film du souvenir d’été – Kerlou – de l’écoulement des jours – Le coeur comme un volet qui bat – ou des brisants du coeur – Est-ce partir ? – La mer et les bateaux, symbole cinglant toutes voiles dehors ! – Transat, Balancelle
et dans l’arrière pays notre vie qui suit son cours.

Ce n’est que de l’eau mais incontournable. Ajoutez les larmes de Montée
des eaux,
la sous-l’eau-graphie de Flottaison – une berge, c’est comme un
rivage en petit – la photo d’Étretat dans Strapontin, et je ne serai pas étonné
que du haut du vallon de La chanson du bonheur… on aperçoive la mer.

Zone inondable

8 janvier 2011 § Poster un commentaire

Je suis né comme un ruisseau
Qui sort on connaît l’endroit
Mouillage de mon berceau
Puis petit lit à l’étroit

Pas de pente à dévaler
De cascade ou de cabri
C’est déjà dans la vallée
Que moi le clapot me prit

Cachez-moi Sein, Ouessant, Molène
Coeur en zone inondable, attention!
Et quant à l’âge du capitaine
C’est trop d’émotion

Tout n’est pas dans le journal
Que papa lit le matin
Je franchis, c’est d’un banal
Un jour le mur du jardin

Pas de verger, de troupeau
Et pour les peines de coeur
Le sombre des entrepôts
Et le cri des remorqueurs

Cachez-moi Sein, Ouessant, Molène
Coeur en zone inondable, attention!
Et quant à l’âge du capitaine
C’est trop d’émotion

Les courants que j’ai suivis
Ne gagnaient pas l’horizon
Mais ce bassin me suffit
Si je chante mes chansons

Seul regret : en écrivant
C’est ma vie dont j’ai besoin
Si je l’avais su avant
J’y aurais mis plus de soin

Cachez-moi Sein , Ouessant, Molène
Coeur en zone inondable, attention!
Et quant à l’âge du capitaine

Où suis-je ?

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