C’est quoi cette histoire ?

17 novembre 2010 § Poster un commentaire

 Marcher tout le long des autos
Le Renard tenant dans son dos
… va savoir
(Mais c’est quoi cette histoire ?)

Carreau cassé, traces de boue
Le Chat Botté se tient debout
Dans le noir
(Mais c’est quoi cette histoire ?)

Petit Poucet au bout du fil
Tient ses indics
« … quadriller la ville
les quais, le square…
… Sympathique
de jour, faut pas croire… »
(Mais c’est quoi cette histoire ?)

La Belle au Bois dormait profond
Est-ce ainsi que les autres font
Tous les soirs ?
(Mais c’est quoi cette histoire ?)

Le Brigadier frappe trois coups
Pauvre Guignol
« … griffé dans le cou…
… et le mouchoir…
… la bagnole…
… l’étui du rasoir…»
(Mais c’est quoi cette histoire ?)

Barbe Bleue chantonne à mi-voix
Les mots qu’elle a dits l’autre fois
Au parloir
(Mais c’est quoi cette histoire ?)

Mécanique en tic…

16 novembre 2010 § Poster un commentaire

Non, il ne s’agit pas de vélo mais des chansons,
parmi les nombreuses que j’ai pu écrire sur le temps qui passe,
où il est carrément – rondement, plutôt – question d’un tour complet
de l’un des engrenages, qu’il soit celui de la journée comme dans Que je
cherche à parler d’elle, de l’année comme dans Les arbres de la forêt,
de l’enfance comme dans Pomme douce, ou de l’ensemble des
âges de la vie comme dans Le temps est un oiseau
ou l’ethnologique On connait la suite.

Le temps est-il si linéaire ou n’avance -t-il pas de volutes en volutes?

Que je cherche à parler d’elle

16 novembre 2010 § Poster un commentaire

Que je cherche à parler d’elle
Je dis : « C’est une dentelle
De satin

Un velouté de pétale
Un chuchotis de sandale
Au matin

Une eau pure de ravine
Une note qu’on devine
Mélodie
Un secret de coquillage
Une ombre bleue du feuillage
À midi

Voici que soudain
C’est un
Chaton en colère
Un fichu gazouillis de perchoir
Et l’instant d’après
Le frais
D’un lagon d’eau claire
Un rideau qu’on tire pour le soir

La veinure d’une estampe
Un frémissement des tempes
Des ennuis ? –
C’est un silence de plume
Une lampe qui s’allume
Dans la nuit

Girouette, mais qu’attends-tu…

16 novembre 2010 § Poster un commentaire

Girouette, mais qu’attends-tu
Pour me dire d’où vient le vent
Tu étais si bavarde avant
Et ce matin tu t’es tue
Girouette, qu’attends-tu ?

 J’en ai ma claque – c’est fini –
De ce tête-à-queue presque incessant
Et qui sert à quoi – parlons-en –
Qu’à me ficher le tournis

Moitié Picasso et Calder
En plus de mes fonctions météo
Il faut me voir aussi là-haut
Décorer les courants d’air

Girouette, mais qu’attends-tu
Pour me dire d’où vient le vent
Tu étais si bavarde avant
Et ce matin tu t’es tue
Girouette, qu’attends-tu ?

je ne sais pas vous mais des fois
Qui plus est d’une santé de fer
Contraint de vivre comme un ver
Solitaire, dur, ma foi

Mais quand je vois au poulailler
Comme ils se comportent et se côtoient
Suis content tout seul sur mon toit
Pas même envie d’essayer

Girouette, mais qu’attends-tu
Pour me dire d’où vient le vent
Tu étais si bavarde avant
Et ce matin tu t’es tue
Girouette, qu’attends-tu ?

A poor lonesome gallinacé
Trois pleurs de banjo soleil couchant
Mais rien au fond de bien méchant
Un coup de blues à passer

Quand tu m’interpelles d’en bas
Ca me fait, sais-tu, le coeur si chaud
Bien plus que les réseaux z’oziaux
Tous ces amis qu’on n’a pas

Et puisque tu sembles perdu
À pas savoir d’où vient le vent
Je regrincerai comme avant
Simple silhouette, entendu
Mais qui se sait attendue

Balancelle

16 novembre 2010 § Poster un commentaire

Ton sourire est, tu sais, comme une balancelle
Brise légère, onde soyeuse, allure aisée
Pleine cargaison de baisers
Voile blanche au matin, au soir une étincelle
Et ce friselis de leurs ailes
Qu’ont les oiseaux
Dans ton sillage bleu
Ton sourire est, tu sais, comme une balancelle
À l’horizon des jours heureux

Mais des fois les grands vents font du zèle
Insomnie, moutons blancs, vague à l’âme, bec dans l’eau
Bouteille à la mer, tout ballot…

Ton sourire est, tu sais, comme une balancelle
Orage éclair, lame de fond, c’est l’avarie
Et le courant qui nous charrie
Tu fais brûler le riz, j’ébrèche la vaisselle
L’écume des jours s’amoncelle
Dans les roseaux
La coquille de noix !
Ton sourire est, tu sais, comme une balancelle
Alors souris, souris quand même
Puis dis-moi que tu m’aimes
Ou je me noie

Précieuses et ridicules

12 novembre 2010 § Poster un commentaire

Les journées de foires ou de salons : sourire, plaire, vendre,
flatté sans doute d’être là mais peu à l’aise dans le rôle,
mais restent les rencontres inespérées, inoubliables…

Pas la peine

9 novembre 2010 § Poster un commentaire

S’engager à faire la route ensemble
Un même chemin ne suffit pas
Faut aussi marcher du même pas

Et notre aventure au fond ressemble
À combien d’histoires qu’on entend
De collier qui casse au fil du temps

C’est pas la peine
De dire plus haut ce qu’on en pense
C’est pas la peine
De se porter des coups plus bas
Deux ego qu’on panse
Au bout du combat
Dis-toi que les blessures
S’oublieront, c’est sûr
Mais pas la peine

Pas de honte à garder le silence
Pas de gloire à toujours s’affronter
Autant voir chacun de son côté

Car les mots sont des cailloux qu’on lance
Sans savoir où ils retomberont
Plaie à l’âme et cicatrice au front

Refrain

et pour lire ces paroles comme à l’oral

Pour un soir

6 novembre 2010 § Poster un commentaire

Pour un soir
S’arrêter et s’asseoir
Paisibles
C’est possible
Comme on pose un bagage

Et laisser
À nos lèvres glisser
L’intense
Confidence
Où l’ombre nous engage

Et puis
Est-ce la lune, est-ce la nuit
S’estompent nos peurs, nos ennuis
Envolés le décor
Les bruits alentour et le poids de nos corps

Allongés sur le dos
Enfants sous le grand chapiteau
Et n’entend-on pas comme un air de romance
( la la la la la la )
Suffirait qu’un de nous commence

Pour sentir
Nos souffles s’enhardir
S’avancent
Puis se lancent
Oiseau quittant sa cage

Et c’est un si beau chant
Des mots si touchants
La vie, les gens

A-lors nos voix
En choeur pour une fois
Nos peines
Belle aubaine
Iront se perdre dans l’espace

Et demain
Reprendrons le chemin
Sans presse
Sans paresse
Au pas léger du temps qui passe

Pour un soir, juste un soir
Ô, s’arrêter et s’asseoir
Rien qu’un soir, un beau soir
S’arrêter et s’asseoir

Ludwig van Beethoven
(Adagio Cantabile de la sonate pour piano n°8 dite « Pathétique »)

Rapprochement à éviter

4 novembre 2010 § Poster un commentaire

Paul et Mick, faut-il y voir fatalité ?
Paul et Mick font rien que se disputer

Paul et Mick, sûr qu’on aurait dû s’en douter
Paul et Mick font rien que se disputer

Les choses ont commencé quand ils étaient gamins
À la moindre broutille ils en venaient aux mains

Paul et Mick, Dieu sait quand ça va s’arrêter
Paul et Mick font rien que se disputer

 Y a des prénoms, c’est pas qu’ils soient durs à porter
Mais leur rapprochement est à éviter

Paul et Mick, l’un est une vraie teigne entêtée
Paul et Mick font rien que se disputer

Paul et Mick, l’autre, une soupe au lait patentée
Paul et Mick font rien que se disputer

Et même s’ils se saluent, grand sourire, attention !
Rangez vite les bibelots, les bouteilles, les bâtons !

Paul et Mick, ça, pour l’ambiance, on est gâté
Paul et Mick font rien que se disputer

Paul et Mick, c’est d’un pénible en société !
Paul et Mick font rien que se disputer

Paul et Mick, de gros dégâts à constater !
Paul et Mick font rien que se disputer

Heureux qu’ils soient restés tous les deux vieux garçons
Ils obligeraient leurs femmes à se crêper le chignon !

Paul et Mick, la dernière, on t’a raconté ?
Paul et Mick font rien que se disputer

 Y a des prénoms, c’est pas qu’ils soient durs à porter
Mais leur rapprochement est à éviter

Paul et Mick, ce qu’ils adorent, c’est se détester
Paul et Mick font rien que se disputer

Paul et Mick, frappantes comme personnalités !
Paul et Mick font rien que se disputer

Paul et Mick, automne, hiver, printemps, été
Paul et Mick font rien que se disputer

et pour lire ces paroles comme à l’oral

Son cours

2 novembre 2010 § Poster un commentaire

Du plus simple ruisseau
Ou modeste rivière
Au roulement des eaux
Du fleuve le plus fier

Quel que soit le trajet
La pente ou le danger
Chacun sait que son cours
Est sans retour

Qu’on descende en eau sage
Ou rafting imprudent
Au bout du paysage
La mer nous attend

Souhaitons-nous, toboggan
Un parcours élégant
On n’a droit qu’à un tour
Plus ou moins court

*

La source et ses éclats
L’eau vive du début
Quelques plongeons à plat
Et quelques tasses bues

L’envie d’ouvrir son lit
À l’affluent joli
Et partager son cours
Au fil des jours

Turbulences, siphons
Ou méandres assoupis
On peut toucher le fond
Se noyer, tant pis !

Ou longer les saisons
Aux rives une chanson
Qui parlerait d’amour
Et de long cours

*

Du plus simple ruisseau
Ou modeste rivière
Au roulement des eaux
Du fleuve le plus fier

Quel que soit le trajet
La pente ou le danger
Chacun sait que son cours
Est sans retour

Qu’on descende en eau sage
Ou rafting imprudent
Au bout du paysage
La mer nous attend

J’eusse aimé, toboggan
Qu’on soit plus élégant !
On n’a droit qu’à un tour
Et c’est si court

Anton Dvorak (Danse slave opus 72 n°2)

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