Robinson

20 novembre 2010 § Poster un commentaire

La plage était en plein midi
On aurait dit le Paradis
Tant le sable était tendre
Tant le bonheur semblait acquis
Tout naturellement à qui
Venait à s’y étendre

La mer… à s’en déboussoler
Et tout ce ciel à contempler
Sans tache d’ombre aucune
Les jours heureux que nous coulions
Plus riches que tous les galions
Du fond de la lagune

Alors…
Est-ce le clapotis de l’eau
Par trop discret
Quand elle rêvait en secret
Pour ce tableau
D’une vague de tous les diables
Ou est-ce ma foi qu’ici-bas
Une femme au paradis ne va pas
Sans poser décidément de problème irrémédiable ?

Vint un jour ce cadre gracieux
A paru tout perdre à ses yeux
De son charme sauvage
Elle a rembarqué ses ballots
Et s’en est déserté l’îlot
Pour de nouveaux rivages

Combien de temps ai-je pleuré
À guetter ce que la marée
Ramenait à la grève ?
Combien de fois sur les brisants
Ai-je cru entendre impuissant
S’abîmer tous nos rêves ?

Et puis…
Un beau matin de calme plat
Je l’ai trouvé
Traînant tel un tambour crevé
Il était là
C’est à peine reconnaissable
Tant était miné par le sel
Son cou son ventre ses yeux et ses ailes
Dépouille en une semaine ensevelie sous le sable

Oiseau mort tout comme l’amour
Enfoui sous le sable des jours
D’une plage des îles
Amour mort tout comme l’oiseau
Rongé par le sel de ces eaux
Qui perlait à mes cils

Sel et sable larmes et temps
Aussi loin que la vue s’étend
Que de cœurs en dérive
Que de sillages dans l’azur
Dont le tracé n’est plus très sûr
Et de Robinson plein les rives

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