Vous avez un message

31 octobre 2010 § Poster un commentaire

La première fois que je rencontrai Isabelle, c’était dans une galerie d’art où
on lisait certains de mes textes. Elle m’aborda tout de go, et je sus vite combien
sa franchise et sa gaité sortaient de l’ordinaire… Je me rappelle aussi cette fête
à la maison où j’étais placé près d’elle : avais-je déjà autant ri ?… La dernière
fois, c’était en Bretagne. L’exposition Yves Tanguy au musée de Quimper.
Et toujours son rire clair, ses propos un peu bousculant, même s’il lui
fallait se coucher de bonne heure, se reposer dans la journée…
Puis le coup de fil, les cinq cents kilomètres tout à notre
émotion, et la confidence de Lionel comme quoi
Cailloux n’avait pas quitté son chevet…

Sur notre répondeur, jamais effacée depuis maintenant des années, il y a la voix
d’Isabelle qui m’encourage et dit toute sa confiance quant à l’épreuve du
jour, et qu’il m’arrive d’écouter des soirs de doute ou de fatigue.

La danse de fin d’année

29 octobre 2010 § Poster un commentaire

C’était une idée de notre institutriste
Une fille, un garçon, et tout le monde en piste
La répétition pour la danse de fin d’année
Se passait pour nous deux dans les cabinets

C’était moins de l’art que de la gymnastique
« S’il vous plait, les enfants, on reprend, on s‘applique ! »
Moi qui, disons, n’avais rien de l’élève parfait
Pour le coup, motivé, j’étais pas mauvais

C’était une idée qui nous trottait, tu penses !
Une fille, un garçon et « entrez dans la danse… voyez comme on danse… »
Et pendant que les copains se mélangeaient les pas
Elle et moi, bon dieu, je te dis pas…

Elle sentait la savonnette
Ca devait être un lundi
Et si je n’ai vu le paradis
Que par le petit bout de la lorgnette
Hum ! C’était déjà
C’était déjà ça de pris
Y’a des souvenirs, comme ça
Qui n’ont pas de prix !

C’était une idée de notre institutriste
Qu’un garçon cavalier avait dû laissée là sur la piste

et pour lire ces paroles comme à l’oral

Jacques a dit

28 octobre 2010 § Poster un commentaire

Jacques est un ami de bon conseil qui apprécie ce que j’écris et m’encourage à
raconter, la formule est de lui, tout ce que j’ai pu faire pour la chanson,
et notamment les soirées mi-souterraines de la Rue des 40 Amis.
Jacques, ne crains-tu pas qu’à parler des choses on les fige.
L’important, c’est d’aimer les faire, même éphémères.
La chanson elle-même n’est que bouche à oreille.

Berceuse, peut-être

27 octobre 2010 § Poster un commentaire

Do l’enfant do, tes lèvres fermées
Tu ne dis rien de ton fardeau
Une étoile, là-bas, s‘est allumée
Prenant la route aussitôt

Repoussé la porte du couloir
Tout seul dans le noir
Pas ouvert ton cartable
Lâché ton jeu sur la table
Tout seul dans le noir

Do l’enfant do, tu fermes les poings
Chaudes les larmes sur ta peau
Ton étoile, tu sais, n’est pas si loin
Qui t’apporte le repos

Que ne peux-tu tout fermer pareil
Boucher tes oreilles
Et ce nom qu’ils te lancent
À la place le silence
Boucher tes oreilles

Plus tard, ailleurs, petit à petit
L’enfant do grandit
Une voix dans sa tête
C’est la berceuse, peut-être

Do l’enfant do, tu fermes les yeux
Son rayon d’or sur ton cœur gros
Une étoile viendra du haut des cieux
Te regarder au carreau

À la nuit, quand s’ouvre le rideau
Chante l’enfant do
Le cœur nu sous la toile
Un projecteur pour étoile
Chante l’enfant do

… Parfois

25 octobre 2010 § Poster un commentaire

Ce que j’ai d’abord reconnu ? … La voix
Du tout changé… Très bien, ma foi
Alors, de retour par ici ?
Plus clairs, les cheveux ! … Moi aussi
Si j’ai pensé à vous ? … Parfois

On revient toujours sur les lieux … qu’on dit
Compter combien pour l’amnistie ?
On peut prendre un pot quelque part
Y’a bien toujours le « Piano Bar »
La jolie barmaid un jeudi …
Partie

Jamais remis les pieds … après
Vient un matin, on tire un trait
Vendue, la maison rue Mizan
J’ai su mais trop tard pour Vincent
Tiens donc, Hôtel Jadis ! … Exprès ?

Non, toujours pas fini mon bouquin
La boutique, hé, c’est prenant
Non, et puis à quoi bon maintenant
Et … il y a quelqu’un ? …

Demain, et par le premier train … Je vois
La vie, je sais … chacun sa voie
Peut-être à nouveau dans vingt ans
Vingt-deux ! On était au printemps
Si j’ai pensé à vous ?
Si j’ai pensé à vous ? …
Si j’ai pensé à vous ?
… Parfois

Flottaison

23 octobre 2010 § Poster un commentaire

Faut pas croire que je suis saoul
Je prendrais bien encore un verre
Mais pour trinquer, comment faire
Vu que je n’ai plus un sou

Ho !

Toutes les nuits sont donc pareilles
D’abord, retrouver mon chemin
Vu que, bon dieu, c’est demain
Branle-bas, qu’on appareille

Batelier, si tu m’engages
Je te suivrais tout de bon
Je coucherai sur le pont
Je demande pas de gages

Batelier, engage-moi
J’ai une de ces envie
De recommencer ma vie
Au moins encore une fois

C’est le long de cette rivière
Que j’ai dévalé mes vingt berges
Tu vois, petit, cette auberge ?
La patronne y est pas fière

Bah !

Ce sera pour une autre fois
Pas le temps de boire aujourd’hui
On est déjà le vingt-huit
Puis c’est mauvais pour le foie

Batelier, si tu m’engages
Premier debout, c’est promis
Un tabouret. Pas d’amis
Plus de chien, pas de bagages

Batelier, engage-moi
À mariner sur le quai
Le vin blanc n’est pas plus gai
Qu’un fond de vieux bouillon froid

Batelier, si tu m’engages
Tes cuivres, ton acajou
Je te les brique, un bijou ! …

Batelier, si tu m’engages
Pour ta fille, tu paries
Je ferais un bon mari ! …

Batelier… hé !
Batelier…

Mais tu ne veux pas essayer
Je renfile ma culotte
Et sans même m’essuyer
Je retourne me noyer
Tout au fond de cette flotte

Trompeur

22 octobre 2010 § Poster un commentaire

 Le petit coup qu’on se prend comme ça en douce
Une passion forte bue d’un trait
Ou l’histoire ancienne qui remet l’eau à la bouche
– Les remords feraient-ils moins souffrir que les regrets –

Sans parler de ces vies parallèles
Mensonge, hôtel et tout le numéro
– Deux cordes à son arc et l’Amour qui bat de l’aile –
Une lettre cachée sous un tiroir du bureau

Car quoi de plus trompeur
Que l’infidélité
On croit mener sa vie
On ne fait, j’ai bien peur
Que céder
À l’envie

L’envie d’un grain de peau qui ne soit plus le même
Quelqu’un qui je ne sais s’il m’aime
Mais me le dise
Refaire des photos, des bêtises
L’envie d’un grain de sel quand les jours sont bien fades
Des draps… on peut croire qu’on s’évade
Repris de justesse
Par trop de complicité et tant de tendresse

Le moteur dans l’allée qui s’éloigne
Les baisers salés et les mots doux
Peut-être la peur de te perdre qui me gagne
Mais fermant les yeux ce soir je me souviens de tout

L’orage à deux sous la gabardine
Le bruit de ta clé tard dans la nuit
La maison de Groix, les noëls de Clémentine
Des moments si bons qu’ils valaient bien un peu d’ennui

A-t-on tant cherché à s’aimer de façon nouvelle
Fenêtre ouverte et sans jalousie
Pour qu’au premier accroc, ces belles idées se révèlent
N’être au fond qu’un tissu d’idioties
Sacré fichu gâchis

Car quoi de plus trompeur
Que l’infidélité
On croit mener sa vie
On ne fait, j’ai bien peur
Que céder
À l’envie

L’envie d’un coup de vent à faire table rase
Les vieux gestes et les vieilles phrases
C’est la routine
Qui met la vie comme en sourdine
L’envie d’un coup de dents sur ce corps enfin mûr
Tout est plus fort dès qu’on murmure
Et les saisons
Me feront bien assez tôt entendre raison

et pour lire ces paroles comme à l’oral

… maison de Normandie

19 octobre 2010 § Poster un commentaire

Villa « Mille Roses »

18 octobre 2010 § Poster un commentaire

Une grille ouverte, un jardin désert
Un grand cèdre bleu qui n’a pas vieilli
J’ai voulu – mais à quoi ça sert ? –
Revoir le pays

Revoir la maison – le pèlerinage
Retour à la source et à la poussière –
Revoir surtout si à mon âge
C’était mieux hier

Revoir surtout si à mon âge
C’était mieux hier

Au sujet de Villa « Mille Roses »

17 octobre 2010 § Poster un commentaire


Benoit Furet, talentueux calligraphe de Saint Renan près de Brest – ne manquez surtout pas de découvrir à cette adresse et sur son blog l’ampleur, la qualité et l‘inventivité de son travail : www.anachropsy.com/ 
– est en cours d’élaboration d’une oeuvre qui devrait devenir un petit livre artisanal dont l’original pourrait être voué à l’exposition. Quand on voit les textes et auteurs choisis jusque là par Benoit, c’est un honneur que de savoir qu’il passe autant de temps et met autant de soin à cette réalisation.

C’est tout un « feuilleton » – c’est le cas de le dire vu les motifs floraux –
qu’avec sa permission je vous invite à suivre…

Mais déjà, plein écran, vous pouvez admirer le geste et la façon :

 samedi 18 décembre 2010 – 14h06 – page de titre
Je me lance dans la composition d’un petit livret reprenant le texte
de Villa « Mille Roses » de Pascal Aussi. Après un premier brouillon
(que vous ne verrez pas) voici un premier fragment de ce qui sera
la page de titre. Je ne l’ai pas encore terminée donc il faudra
patienter un peu pour la voir dans son intégralité.

mardi 21 décembre 2010 – 9h28 – page de titre II
Voilà, la page de titre est terminée et je ne suis pas mécontent, le titre
ressort bien sur le fond et les variations de teintes de l’aquarelle sont à la fois estompées et magnifiées par les filigranes. J’ai commencé à travailler sur les
pages suivantes mais ce n’est pas assez avancé pour vous le montrer.

dimanche 26 décembre 2010 – 17h42 – p 3
Un morceau de la page 3 de Villa Mille Roses. C’est encore loin d’être terminé
même si une première étape est franchie. Près de 5 heures de travail
sur cet unique fragment, le chemin est encore long…

jeudi 30 décembre 2010 – 11h08 – reloaded
Après mûre réflexion et arrachage de cheveux par poignées, je repars
de zéro sur Villa « Mille Roses ». Les filigranes, c’est bien beau mais j’avais
des problèmes de couleur et de mise en page, sans parler du temps infini de
réalisation. Je recommence donc, cette fois avec une décoration inspirée
de la vigne blanche, j’ai revu toutes les fleurs, feuilles et bourgeon
pour obtenir un résultat qui ressemble à un rosier.


Vous voyez ici les différentes étapes de la réalisation :
– dessin au crayon de la structure des branches
– toujours au crayon, remplissages des espaces  avec des ornements floraux
– passage à l’encre
– gommage du crayon et peinture des espaces restant à l’aquarelle
J’ai hâte de terminer cette page pour mettre
le texte en place et voir le rendu final.

samedi 1 janvier 2011 – 14h09 – page 1
J’ai terminé la décoration de la première page. J’ai calligraphié
rapidement le texte sur un autre papier et fait l’assemblage
sur ordinateur, histoire de voir ce que ça donne.

Pascal, si tu me lis, j’aimerais assez avoir ton avis.
Si vous n’êtes pas Pascal, votre avis m’intéresse aussi.

dimanche 2 janvier 2011 – 16h02 – un peu de piquant
Voici un aperçu de la décoration de la page 2 avant peintures et finitions.
Je pense que le rendu final de l’ouverture avec
le premier quatrain va être pas mal du tout.


mardi 4 janvier 2011- 18h59 – Question
Je m’interroge : le script choisi initialement est-il vraiment adapté ?
Un essai avec une « chancelière » pour comparer :


À votre avis, c’est mieux ou moins bien que la version « art nouveau » ?


Avant que vous ne critiquiez ma calligraphie, sachez que les deux versions ont
été vite réalisées, je m’appliquerai plus sur la version définitive, ça va de soi.

dimanche 9 janvier 2011 – 12h35 – page 3
En attendant de dépouiller les réponses à la question du script, j’avance
sur la décoration. J’ai terminé l’encrage du rosier stylisé pour la page 3.

mercredi 12 janvier 2011 – 9h45 – page 4
Petit à petit, j’avance sur le projet, voici la page 4 encrée.


jeudi 13 janvier 2011 – 10h52 – And the winner is...
 La grande gagnante est l’écriture Art Nouveau, environ 75%
d’entre vous ont plébiscité ce script  qui était mon choix initial.

mercredi 19 janvier 2011 – 9h15 – page 5
ça progresse…


À présent, et en parallèle avec la finalisation de la décoration, je commence
l’étude des « pages tapis » qui doivent s’intercaler entre les pages de texte,
je pense revenir à ma technique favorite : les filigranes !
La calligraphie du texte n’interviendra qu’en tout
dernier, encore quelques réglages à faire.

dimanche 27 mars 2011 – 18h07 – enfin ! diront d’aucuns

Voilà, j’ai terminé d’aquareller ma « vigne blanche », qui n’est pas
une vigne mais un roncier, sur les 5 pages de texte que comptera
le livret de Villa Mille Roses. Reste à faire quelques retouches,
retravailler un peu le feuillage et ensuite… le texte !

dimanche 3 avril 2011 – 18h22 – Ars longa, vita brevis
J’ai commencé à  réaliser les pages de décoration pure.
Voici une photo de la première page de ce type, en cours de réalisation


J’ai déterminé les motifs (à grands traits) de chacune des pages, ne reste
plus qu’à faire. C’est long, très très long. Mais comme ce sont
des filigranes,je ne vois pas le temps passer.

dimanche 10 avril 2011 – 16h57 – Tapis filigrané
je viens de terminer la première partie de 2 pages tapis
ne contenant aucun texte mais uniquement de la décoration.


J’hésite encore sur la suite à donner. Dans les zones aquarellées
en gris, fais-je des filigranes en noir ou en blanc ?

samedi 16 avril 2011 – 9h50 – détail
ça avance, petit à petit…


lundi 18 avril 2011 – 9h06 – Cercles
Autre détail de la même page de décoration, toujours dans les filigranes …


lundi 25 avril 2011 – 8h37 – Page tapis
J’ai enfin terminé la première page de décoration.
Plus que trois pages du même tonneau à faire !


dimanche 15 mai 2011 – 22h32 – Page tapis 3
Ce fut long… et difficile… mais la troisième page tapis est terminée.

lundi 30 mai 2011 – 12h49 – Structure filigranée
La dernière page est en chantier.
La structure filigranée est en place, reste à faire le remplissage

jeudi 2 juin 2011 – 10h00 – 50%

jeudi 9 juin 2011 – 7h59 – 100%
J’en ai fini avec les pages tapis, plus que la page
de titre à refaire et il sera temps de s’attaquer au texte.

vendredi 17 juin 2011 – 19h45 – Plus d’excuses
J’ai terminé la dernière page tapis


ainsi que la nouvelle version de la page de titre


je n’ai plus aucune excuse pour ne pas me lancer dans
la calligraphie du texte de Villa Mille roses.
Je devrais avoir terminé ce weekend,
reste à savoir si l’auteur et
l’éditeur en seront
satisfaits

?

dimanche 26 juin – 14h13 – Villa Mille Roses : le texte
Voilà, je touche au but, le texte est calligraphié,
reste le colophon et la couverture du livret
puis j’en aurais terminé.


Ca aura été long mais je trouve que le résultat en vaut la peine.

Lundi 23 janvier 2012 – 7h47 – La touche finale
Depuis que j’avais terminé le texte de Villa Mille Roses, je n’y avais plus touché.
Ce weekend je me suis enfin décidé à finir le boulot et à transformer
ces feuillets en livret doté d’une couverture. J’ai donc
gaufré le titre du livret sur un papier chiffon
artisanal en rappel de la page
de titre intérieure.

Je suis content du résultat et ça en fait vraiment un bel objet au final.

Où suis-je ?

Vous consultez les archives de octobre, 2010 à Pascal Aussi.